Il existe plusieurs systèmes, mais d’une manière générale il y aura toujours une interface appelée manchon, qui ressemble à une chaussette (en silicone, gel copolymère, polyuréthane) que l’on va dérouler sur notre moignon avant d’enfiler notre prothèse. Cette dernière tiendra soit par un système de clip, "Système à accrochage distal (cf TUTO 1), c’est-à-dire que le manchon aura une tige en fer au bout qui viendra se clipser dans l’emboîture de la prothèse. L'autre système est celui à dépréssurisation (cf TUTO 2), l’air sera chassé quand on va introduire le moignon qui tiendra comme dans un système « sous vide »
Non cela n’est absolument pas douloureux. Dès que le moignon sera prêt pour l’appareillage, les prothésistes réaliseront un moulage, une empreinte en plâtre du moignon. Ce négatif en plâtre est alors moulé pour obtenir une copie du membre restant ; soit les mesures peuvent également être prises à l’aide d’un scanner 3D afin d’obtenir une image numérique qui permet d’éviter d’utiliser du plâtre. Le modèle obtenu permet de fabriquer une emboiture provisoire en plastique qui sera fixée sur le tube de la prothèse, lui-même fixé sur le pied prothétique. Les essais de prothèse vont pouvoir commencer.
Il faut mettre le manchon à l’envers chaque soir pour le laver avec un savon neutre, type savon de Marseille, le rincer ensuite à l’eau tiède pour enlever les résidus et le sécher avec une serviette propre. Il faut ensuite remettre à l’endroit et le laisser finir de sécher pendant la nuit sur un socle adapté afin d’éviter toute déformation et usure prématurée.
En effet, n’ayant plus l’articulation de la cheville, il va falloir « tricher » un peu pour descendre les escaliers. Il faudra mettre le pied prothétique au bord de la marche (les « orteils » dans le vide), afin que le pied puisse basculer vers l’avant au moment où l’on va descendre. Ceci permet une descente plus fluide des escaliers.
Malheureusement, même si aujourd’hui les prothèses sont de plus en plus performantes, on ne peut pas affirmer qu’une seule prothèse permettra de tout faire. Cependant les pieds dits de classe 3 permettent de marcher, courir, monter des escaliers, et réaliser tout de même de nombreuses activités. Pour une activité plus spécifique comme la plongée sous-marine par exemple, il faudra une prothèse adaptée, avec des matériaux inoxydables pour ne pas qu’elle rouille, et une cheville qui puisse changer de position afin de pouvoir enfiler une palme. Il existe donc des prothèses pour chaque activité un peu particulière : équitation, ski, Kite surf, vélo, planche à voile, surf, course. Ces prothèses restent souvent à la charge du patient.
Chaque patient doit pouvoir bénéficier en permanence de deux prothèses : une principale, une de secours en cas de problème. Les remboursements varient encore à ce jour d’une caisse primaire d’assurance-maladie à l’autre, selon la région. Mais d’une manière générale, chaque patient peut avoir deux prothèses en cinq ans et un manchon par an environ. Il s’agit là de chiffres approximatifs afin de se faire une idée, mais les remboursements varient selon le lieu mais aussi la pathologie du patient.
En effet, les prothèses spécifiques pour les activités sportives ne sont malheureusement pas encore jugées indispensables, donc pas encore remboursées par la sécurité sociale. Il y a plusieurs possibilités. Si la pathologie ou l’accident est pris en charge par une assurance, il convient de monter un dossier avec devis du matériel souhaité, et un courrier de demande précisant la nécessité pour le patient de pouvoir reprendre cette activité, et son impact psychologique. S’il n’y a pas de tiers identifiable, cette demande peut être faite auprès du fonds de garantie. Une demande peut aussi être faite auprès de la MDPH, il s’agit d’une demande de prestation de compensation du handicap (PCH). Il s’agit d’une aide personnalisée destinée à financer des aides humaines, matérielles, animalières.
La rééducation devra commencer le plus tôt possible en service de chirurgie et s’intensifiera ensuite en centre de rééducation avec pour objectif l’appareillage puis la marche. Il faut d’abord passer la phase de cicatrisation cutanée, puis une phase pré-prothétique de 30 à 45 jours, une phase avec prothèse provisoire de 45 à 75 jours, puis une phase de prothèse définitive de 75 à 90 jours. La durée du séjour en centre de rééducation dépendra de plusieurs facteurs : la cicatrisation, le type de traumatisme, les pathologies associées et l’état général. Les séjours moyens des amputés vont de deux à cinq mois à peu près.
Ce temps avant la mise de la prothèse est essentiel pour la suite et permet de reconditionner les muscles à l’effort, préparer le moignon à l’appareillage, acquérir une autonomie sans prothèse, gérer les transferts, maîtriser le fauteuil roulant, apprendre à se verticaliser sur un pied avec des aides techniques (déambulateur, cannes, barres parallèles…), bander le moignon pour réduire l’œdème postopératoire. Cela permet également de d’approfondir le travail général musculaire et articulaire du membre amputé, du membre opposé et de l’ensemble du corps.
C’est lorsque le patient a des sensations dans le membre qui n’est plus là. Il ressent des douleurs, des brûlures, des fourmillements, des picotements ou toute autres distorsions de la sensibilité, au niveau du membre qui a été amputé. Il existe des traitements médicamenteux pour réduire ces douleurs parfois très violentes et qui vont nécessiter du temps, afin que le cerveau intègre le fait que le membre n’est plus là. Plusieurs types de thérapies pourront être proposés afin de travailler sur ces douleurs. (acupuncture, TENS, Vibralgic, thérapie du miroir, infiltrations, ou reprise chirurgicale si nécessaire…).
Toute personne qui rencontre un problème de santé doit se soumettre à un contrôle médical par un médecin de ville agréé par le préfet (la liste des médecins agréés est disponible dans les préfectures et les mairies). Cela ne peut pas être le médecin traitant. Si vous avez déjà votre permis de conduire il s’agira alors d’une régularisation du permis et le médecin mentionnera éventuellement les adaptations nécessaires du véhicule (embrayage adapté, inversion des pédales…). L’avis médical peut également être positif sans aucune adaptation du véhicule en fonction des situations spécifiques de chacun. Il faudra alors suite à cet avis s’adresser à la préfecture avec votre permis de conduire et les conclusions du médecin afin d’être en règle.
En dernier recours, il est possible d’introduire de l’eau à l’intérieur du manchon afin qu’il n’adhère plus à la peau, et ainsi pouvoir retirer l’ensemble « prothèse + manchon » afin de résoudre le blocage une fois la prothèse retirée de la jambe et de pouvoir l’emmener chez le prothésiste. Il est nécessaire de vider régulièrement l’intérieur du trou de l’accrochage distal et de souffler dedans avec un compresseur si besoin pour faire partir les bouloches de vêtements qui se créent avec le frottement et gênent l’accrochage.
Au-delà d’un nettoyage quotidien avec un savon neutre, la gestion des poils sur le moignon est parfois problématique et peut être à l’origine de poils incarnés, kystes sébacés pouvant entrainer des douleurs et même un empêchement de porter la prothèse. Il faut éviter le rasage et les crèmes dépilatoires qui renforcent le bulbe et rendent la repousse du poil parfois difficile dans le manchon. Pour limiter les problèmes il est recommandé de tondre la partie de la jambe qui est dans la prothèse plutôt que d’enlever le poil ou le couper, ceci afin d’éviter les problèmes de repousse de poils. La solution idéale mais couteuse peut être l’épilation définitive au laser. Il faut se renseigner car certaines assurances peuvent prendre en charge cette dépense pour éviter que le patient ne soit en difficulté pour porter sa prothèse. En cas de kystes sébacés, on peut mettre de la crème Mupiderm et Fucidine en pansement fermé transparent type Tegaderm chaque nuit, cela marche bien (demander conseil à son médecin).
Les premiers mois après l’amputation la transpiration va être excessive puis normalement, les années passant, cela va se réguler, mais la transpiration restera tout de même un tracas courant des « amputés ». Il faut penser à avoir toujours sur soi, une petite serviette de toilette, une lotion nettoyante ou rafraichissante type Lotion de Foucaud pour rafraichir et sécher la jambe avant de remettre la prothèse. Certains produits existent pour réduire la transpiration mais il faut en parler avec son médecin avant de mettre quoi que ce soit sur un moignon. Dans les cas de transpiration excessive, il existe la possibilité d'injections de Toxine botulique sur la zone concernée. Les injections n'auront pas une action définitive et seront à refaire si besoin, mais permettront de passer une période critique (l'été) de manière plus sereine.
Concernant les aménagements du domicile il est possible de demander une aide auprès de la MDPH et éventuellement auprès de l’assurance en cause dans l’accident ou la maladie à l’origine du handicap. En attendant que le fauteuil puisse passer, il est vrai que quand on enlève notre prothèse on a tendance à sauter sur la jambe valide à cloche pied, ceci parait anodin au départ mais au bout de quelques années, la jambe valide hyper-sollicitée risque de commencer à présenter des signes de fatigue. Il faut donc dès le départ penser à s’économiser. Personnellement j’utilise des tabourets roulants bien stables en forme de selle de cheval ergonomique afin d’être bien assise et de ne pas risquer de glisser et j’arrive à me déplacer d’un meuble à l’autre avec mon tabouret roulant. Attention, il faut que le sol soit bien lisse pour que rien n’accroche une roue. Cela peut être une solution de dépannage mais cela ne doit pas durer. Il est essentiel de réussir à aménager le domicile pour économiser au maximum sa santé.







